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CHAMBRY Jean-Jacques
tableau de jean jacques chambry - galerie d'art
Jean-Jacques Chambry est né en Normandie le 03 février 1935. Après un cycle secondaire il suit les cours de l'Ecole de Beaux-Arts de Rouen de 1953 à 1958. Il s'oriente vers une spécialisation de décoration plane et d'architecture d'intérieur. En 1962 il fonde son entreprise de décoration et d'agencement à Rouen, ville de sa jeunesse."J'ai beaucoup crée. Peu de place pour la peinture quand on passe de longues journées dans une entreprise qui marche" avoue Jean-Jacques Chambry qui sera amené à travailler en Afrique. En 1977 il ouvre un bureau d'Etudes à Abidjan en Côte d'Ivoire et collabore à la constuction de la Cathédrale de la capitale économique du pays en tant que décorateur et paysagiste. Plusieurs autres chantiers le conduiront en Guinée, au Ghana, au Cameroun, au Nigéria et au Benin.
C'est au cours de cette période qu'il va s'imprégner des effets de la lumière sur son environnement.
De retour en France en 1989 il s'adonne essentiellement à sa passion. Et c'est en Normandie qu'il se retrouve "J'ai plongé dans l'univers de la peinture. Les Peintres libres m'ont ouvert leur porte; avec eux j'ai cherché l'inspiration tout en me rapprochant des Maîtres de l'Ecole de Rouen. C'était vraiment le temps des copains".
Deux ans plus tard, sa maîtrise impressionniste est vite reconnue:
1991 - Lauréat du Prix René Borel au 42ème Grand Prix International de Deauville.
1991 - Prix des peintres Rouennais.
Il quitte Rouen en 1999 pour s'installer à Montpellier. Ses toiles s'enrichissent alors de la vigueur du soleil méridional et sa peinture devient plus flamboyante.
Sa sensibilité s'exprime par le rayonnement et l'éclat de ses coloris. Il exalte toute son exubérance picturale dans des œuvres consacrées à plus de modernité et à la tauromachie. Dès la première année, sa technique éprouvée qui a su dompter la lumière éclatante du sud de la France, est récompensée.
2000 - Prix de la ville de Montpellier.
2002 - Prix de la ville de Clermont L'Hérault.
2002 - Prix de la Galerie Française.
2003 - Prix COMédia Internet.
2004 - Prix du Salon International de Quissac.
2005 - Prix de la ville de Vendargues.
Aujourd'hui le figuratif est encore présent dans ses œuvres mais on sent qu'il revisite le réel. Jean-Jacques Chambry n'installe plus son chevalet au cœur de la nature. Il refonde les impressions et les ambiances auxquelles un nombre limité de couleurs donne une vive intensité. C'est dans une palette de grand coloriste que ses œuvres épurées, proche de l'abstraction, se recomposent dans une harmonie de teintes éclatantes. Quand il souligne d'un large contour bleu indigo ses paysages, la violence du soleil explose.
Il excelle aussi dans la peinture taurine et c'est dans un univers flamboyant, où les pigments oranges dominent qu'il intègre ses personnages.
Tous les acteurs de la corrida émergent de cette avalanche de lumières. Fragments de corps, détails d'anatomie, le figuratif prend le dessus sur les fonds abstraits. Une corne, une naturelle, un picador, des banderilles, sortent de la toile, les aplats lissés orangés donnent du mouvement à l'ensemble. Deviner le reste des corps humains et animaux, pour mieux rentrer dans le geste, fait voyager dans le monde symbolique de la corrida. Tout est là mais tout n'est pas vu, il faut s'imprégner, imaginer, écouter, communier, pour tenter de pénétrer les mystères de la tauromachie; les premiers pas franchies, il suffit de se laisser aller.
Jean-Jacques Chambry expose en France et à l'étranger.
Texte de Guy Hébert (Midi Libre)
et de Jacques Moynier (L'Art Vues) Spécialiste en tauromachie.
BIBLIOGRAPHIE
Membre de l'ACADEMIE ARTS-SCIENCES-LETTRES Membre de la FONDATION TAYLOR.
Répertorié chez AKOUN.
Répertorié chez ARTPRICE (Artprice store).
Répertorié chez DROUOT Cotation des artistes.
Guide ateliers des artistes. Diffusion Larousse.
FILS DE LA LUMIERE
Je connais depuis quelques années les tableaux de Jean-Jacques Chambry réalisés dans le Sud de la France; j'ignore ceux de sa période rouennaise. Mais je sais comme par intuition que la lumière les habite tous, une lumière toute méditerranéenne ne laissant aucune chance à l'ombre. Ces toiles sont tellement claires qu'elles me sont comme mystérieuses...
Cela voudrait dire que son installation récente près des rivages de la mer n'y aurait rien changé: la lumière hante ses compositions, comme chez d'autres le clair-obscur ou le monochrome. Il la porte déjà en lui. Elle préexiste à l'exécution de ses toiles. Elle peut être du Midi, d'Afrique, ou de n'importe quelle contrée que ce soit (si encore il existe des lieux où elle peut briller naturellement), ce serait plutôt la lumière immortelle de l'âme qui luit dans son œuvre, celle, salvatrice, qui flambe dans les icônes depuis des siècles. On est loin de noircisseurs de cathédrales qui théorisent à tout va et bénéficient aujourd'hui d'une gloire bien imméritée !
Par le choix de couleurs franches, de tons clairs, de formes simples, Chambry va vite. La vie l'impose. Mais ce n'est qu'une apparence; la patience, la pensée de la main font le reste, car elles obéissent à une autre temporalité, gisant dans le lieu le plus secret de l'artiste -- et sans nul doute, inconnu de lui.
Je peux en témoigner, car, depuis que je le connais, j'ai vu Chambry travailler inlassablement ses toiles - moi qui, absurdement, les pensais terminées - pareil à une Mère, penchée au regard d'amour sur son enfant !
"Vouloir - c'est vouloir plus grand que soi. Autrement, ça n'en vaut pas la peine", écrivait Maria Ivanovna Tsvétaëva à Boris Leonidovitch Pasternak le 5 juillet 1924. L'exigence n'est jamais chez eux, chez lui, en repos, et c'est une de raisons pour lesquelles nous leur accordons notre estime.
Certains, comme Van Gogh, ont succombé à cette lumière; lui la maitrise au prix d'une certaine sévérité de la composition: ici, un simple arbre habite le tableau, là un parasol...Pratiquement aucune représentation humaine ( à part un rare nu allongé, aperçu dans l'atelier), sauf lorsqu'elle exerce ses ravages sur les animaux comme dans les Tauromachies, dynamiques et violentes, aux combats suggestifs de noirs et de rouges -- ou la nature.
Visiblement, tout est rempli de lumière...Ici crie et s'écrit l'espoir d'un "oui" à la vie.
La peinture que nous avons sous les yeux dit aussi le désert de l'homme, qui ne pourra être sauvé que par les éléments qui l'entourent. Elle invite au recueillement, nous baignant du même coup dans un profond silence.
Le peintre ici se fait le témoin de l'essentiel, restituant ce "soleil qui poudroie" et cette "herbe qui verdoie", comme il est dit dans le conte de Perrault. Il est le gardien visionnaire de la fin d'un monde.
Texte d'Ivan Mécif (écrivain)
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