Dons, legs et achats font respirer les musées.
« Nous n'aurions jamais pu nous offrir un Tintoret. » Devant le portrait d'un homme en buste réalisé par le grand maître vénitien du XVIe siècle, récemment légué par une riche Américaine, Ann L. Oppenheimer, Dominique Jacquot, le conservateur du musée des Beaux-Arts ne peut contenir son enthousiasme. « Le cadrage est d'une très grande modernité, et la mise en lumière magnifique. » A l'occasion de la présentation de ce legs de onze peintures italiennes et flamandes, évalué à un million et demi d'euros, 20 Minutes fait le point sur l'enrichissement des collections des musées de Strasbourg.
Entre 2007 et 2009, plus de 6 900 oeuvres ou objets - hors dépôts archéologiques - ont rejoint les collections. La grande majorité (5 366) sont des dons ou des legs. « Nous en recevons beaucoup. Il nous arrive même d'en refuser, car ils ne correspondent pas à nos exigences de qualité, affirme Joëlle Pijaudier-Cabot, la directrice des musées. Mais tous sont inespérés. » A l'instar des donations Arp en 1973 par la veuve et le frère de l'artiste, qui ont permis la création du musée d'Art moderne et contemporain. Ou des deux importantes donations de Tomi Ungerer, en 1983 et 1991, qui ont donné naissance, en 2007, au musée Ungerer. « Les opportunités du marché sont de plus en plus rares, et les oeuvres modernes et contemporaines hors de prix, ajoute-t-elle. Le budget annuel alloué par la municipalité de 550 000 euros est considérable, mais ne permet pas de telles folies. » Chaque année, jusqu'à la moitié de ce montant est dévolu à l'achat d'une oeuvre d'exception. En outre, les musées bénéficient de subventions de l'Etat et de la région, au titre du fonds régional d'acquisitions des musées et du fonds du patrimoine. Depuis 2007, 1 381 objets d'art ont ainsi été acquis. « Pas question d'accumuler des oeuvres sans lien entre elles. Nous cherchons à développer les points forts de nos musées : la collection Arp ou la peinture italienne, par exemple », précise Daniel Payot, l'adjoint à la Culture.
Et Joëlle Pijaudier-Cabot de conclure : « Il faut renouveler l'intérêt du public. Un musée qui n'achète pas est un musée qui meurt. » Hier soir, le conseil municipal votait pour l'acquisition d'une nouvelle sculpture, Quick, du Britannique Richard Deacon, une des figures marquantes de l'art contemporain.
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