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Le musée Chéret revisité par l'art contemporain.

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Parmi les 50 000 visiteurs qui se succèdent chaque année au musée des Beaux-arts de Nice, de nombreux touristes russes ne viennent que pour un nom, celui de Marie Bashkirtseff. Son autoportrait, réalisé vers 1883, soit un an avant sa mort à l'âge de 26 ans, est une Joconde locale. Un chef-d'oeuvre, sans doute, mais surtout une sorte de locomotive derrière laquelle s'accrochent les collections.

Le talent précoce et le destin tragique de l'Ukrainienne ne suffisent pas toujours à effacer l'image un peu ronronnante que les Niçois se font de leur musée. Véronique Bigo va s'en charger. Après le Mamac il y a dix ans, elle entreprend de réveiller le palais Chéret en signant quatre parcours, dont le premier débute le 12 novembre.

C'est un dialogue. Une belle rencontre posthume qui a poussé l'artiste à redonner corps à Marie Bashkirtseff : « En me plongeant dans son journal, j'ai découvert une jeune aristocrate, gâtée et capricieuse, qui parle abondamment de gloire et même d'argent. Mais quelle vitalité ! Quelle énergie ! Sa volonté et son tempérament m'ont paru profondément touchants. »

Avec six toiles de grand format et cinquante et un petits dessins, Véronique Bigo propose une déambulation rythmée par des extraits du fameux journal. Un passage en dit long sur l'ambition de la jeune fille, capable d'écrire, à seize ans : « Un jour viendra où, par toute la Terre, mon nom s'entendra à l'égal du tonnerre. »

Fidèle à sa passion pour le design, Véronique Bigo s'est inspirée des vrais objets de Marie, imaginant aussi le sac ou les chaussures qu'elle aurait aimé porter si elle était de notre siècle. Cette façon de la rendre à la vie devrait séduire les visiteurs : le parcours est clair, immédiatement lisible, balisé au sol par des pastilles qui aident à suivre le cheminement de l'artiste.

Après Jan Fabre au Louvre et Jeff Koons à Versailles, Véronique Bigo à Nice... Et son travail ne fait que commencer. Prochain parcours : « Les ailes, le glaive et le couteau », trois attributs omniprésents dans la peinture classique, jusqu'aux pompiers du XIXe.