L'Association Rembrandt : célébration des 125 ans
La "Lettre d'amour" de Vermeer, "Titus" de Rembrandt, "La perruche et la sirène" de Matisse, ces chefs d'oeuvres et des centaines d'autres enrichissent les collections des musées néerlandais grâce aux fonds de l'Association Rembrandt, qui fête ses 125 ans par une exposition au musée Van Gogh d'Amsterdam.
Intitulée "125 Amours", l'exposition propose autant de coups de coeur: peintures, sculptures et autres objets d'art achetés par les musées néerlandais avec l'aide de cette association de mécénat, la plus vieille du pays.
Plusieurs fonds et la loterie nationale aident les musées des Pays-Bas dans leurs acquisitions. "Notre spécialité, ce sont les oeuvres d'art", souligne Huub Blankenberg, le directeur de l'Association.
Et si, aux regard des prix du marché ses budgets semblent dérisoires --1,5 à 2 millions d'euros par an pour contribuer à une vingtaine d'acquisitions sur une trentaine demandes-- l'Association Rembrandt reste un mécène particulièrement apprécié.
"Notre participation est perçue comme un label de qualité, permettant aux autres sponsors de s'engager en confiance", explique Huub Blankenberg.
Un exemple de ses choix judicieux? "125 Amours" propose au visiteur l'"Hommage à Apollinaire" de Chagall, acquis en 1951 alors que cet artiste "moderne" ne faisait pas encore l'unanimité.
Quinze personnes, historiens de l'art, responsables de musées et amateurs avertis, étudient les demandes qui parviennent à l'association et les oeuvres convoitées.
Elles évaluent la plus-value qu'elles représentent pour les collections publiques néerlandaises et le budget qui peut y être consacré. "Jamais plus de la moitié du prix, pour inciter les musées à se démener pour trouver des fonds", précise M. Blankenberg.
Ouverte aujourd'hui à l'art contemporain --elle a récemment cofinancé l'achat de l'installation vidéo de Bruce Nauman "Washing hands abnormal"--, l'Association était à l'origine destinée à "préserver l'héritage culturel néerlandais".
"Au XIXe, peu étaient conscients de la nécessité de protéger cet héritage. De nombreux chefs d'oeuvre du Siècle d'Or (néerlandais, XVIIe) étaient dispersés"', raconte M. Blankenberg.
"Alors qu'une collection particulière menaçait de quitter les Pays-Bas, des connaisseurs ont rassemblé de l'argent pour la racheter, et avec l'argent restant, ils ont fondé l'Association" en 1883, explique-t-il.
Petit à petit, celle-ci a élargi son action au rachat d'oeuvres néerlandaises à l'étranger puis à l'accroissement des collections pour enfin s'aventurer sur le terrain parfois incertain des oeuvres modernes et contemporaines.
Cela explique le caractère éclectique des 125 coups de coeur présentés au musée Van Gogh: l'auto-portrait en terre cuite peinte de Jan Gregor van der Schardt du XVIe siècle côtoie le "Meat Stall" de Claes Oldenburg, une sculpture contemporaine représentant un étal de boucher.
Le tableau "Victory Boogie Woogie" de Piet Mondriaan se trouve non loin d'une statue en bois du haut Moyen-Age représentant Saint Michel.
Restée totalement indépendante de l'Etat, l'Association Rembrandt compte aujourd'hui près de 9.000 membres. Leurs cotisations nourrissent ses comptes ainsi que des dons, legs et fonds mis à disposition.
"125 Amours", jusqu'au 18 janvier 2009 au Musée Van Gogh Amsterdam.


















